Karine Gentelet nommée titulaire de la Chaire Abeona-ENS-OBVIA en IA et justice sociale

Publié le jeudi 17 septembre 2020

Le Centre de recherche en droit, technologie et société a le plaisir d'annoncer que la professeure Karine Gentelet, membre associée du CDTS, a été nommée à la Chaire de recherche sur l’intelligence artificielle (IA) et la justice sociale de la Fondation Abeona, l'École normale supérieure (ENS) et l’OBVIA.

 

Créée dans le cadre d'un partenariat entre la Fondation Abeona, l'École normale supérieure (ENS) et l'Observatoire international sur les impacts sociétaux de l'IA et du numérique (OBVIA) de l'Université Laval, cette chaire permet à un(e) professeur(e) invité(e) de développer, pendant une année, des travaux sur l’intelligence artificielle (IA) et la justice sociale et d’interagir avec les chercheur(es) des écosystèmes parisien et québécois dans les secteurs de l’IA, des sciences humaines et sociales et de la santé, qui donneront lieu à des séries de séminaires et d’événements publics. Chaque année, le partenariat invite un expert à mener des recherches avancées sur l'IA et ses impacts sociologiques, éthiques et scientifiques. Nommée titulaire de la chaire pour l'année universitaire 2020-2021, la professeure Karine Gentelet succédera sur cette chaire de recherche à la professeure Kate Crawford de l'AI Now Institute de New York University.

Karine Gentelet est professeure associée de sociologie au sein du Département des sciences sociales de l'Université du Québec en Outaouais. Ses intérêts de recherche et ses publications portent sur la reconnaissance des droits humains des peuples autochtones, l’usage de la technologie numérique et l’intelligence artificielle au service de la justice sociale, l’éthique de la recherche en contexte autochtone et la responsabilité sociale des chercheurs.

 

En tant que titulaire de la chaire, la professeure Gentelet poursuivra un programme de recherche intitulé « Justice sociale et intelligence artificielle : la gouvernance citoyenne pour renverser l’invisibilité dans les algorithmes et la discrimination dans leurs usages ». En effet, les rapports de pouvoir inéquitables sont le produit de l'imposition de structures hégémoniques dominantes ou de processus historiques de colonisation. Peu de recherches se concentrent sur les usages, les stratégies et les solutions avancées par les groupes, les communautés et les personnes affectées par les technologies numériques. Ces usagers ont pourtant des besoins ou des préoccupations par rapport notamment aux usages et au déploiement des technologies d’IA qui sont très probablement très différents des institutions étatiques et acteurs privés.

Leur participation à la gouvernance est devenue indispensable d’un point de vue démocratique. Leur participation est aussi fondamentale pour limiter et contrôler les biais et discriminations liés aux technologies d’IA de leurs conceptions à leurs usages. Pourtant, et très souvent, l’angle de ces analyses porte sur les effets (positifs ou négatifs), mais rarement sur les modalités de leur participation ou de leur inclusion dans les modes de gouvernance des données, des technologies et de leurs usages. Or, toutes et tous expriment le besoin, voire l’urgence, d’être non seulement consultés, mais inclus dans les modes de gouvernance puisqu’ils sont, en substance, les premiers affectés par ces technologies développées et mises en œuvre sans leurs expertises et leurs savoirs expérientiels tels qu’eux-mêmes se les représentent. Les défis actuels sont donc d’implanter des processus adéquats de gouvernance citoyenne des données, des algorithmes et des modes de régulation des usages de ces technologies. Dans monde qui repose de plus en plus sur les technologies de l’IA et du numérique, cette gouvernance citoyenne représente un enjeu de justice sociale de première importance.

Les travaux de la Chaire interviendront dans un contexte de pandémie qu’il sera difficile d’ignorer étant donné les incidences sur la dynamique des interactions sociales, la vie démocratique, les droits fondamentaux, et définitivement l’omniprésence des technologies d’IA pour aider à la prise de décision. En outre, la crise sociale, sanitaire et économique mondiale post-COVID-19 qui se profile pour les années à venir va faire en sorte que le recours aux technologies risque d’aller croissant soit pour permettre de faciliter les interactions démocratiques, soit pour réaliser des économies monétaires. En ce sens, on peut s’attendre à une accélération de la dématérialisation des interactions sociales et politiques et de la donnéification (datafication) de la société. Il apparaît alors d’autant plus important de proposer une réflexion sur les modalités de la participation citoyenne dans la gouvernance des données, des systèmes d’intelligence artificielle et de l’usage de ces technologies à un niveau local et un niveau global.

 

Félicitations à la professeure Gentelet pour cette nomination !

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